vendredi 8 juin 2018

La fierté dans leurs yeux

Cette semaine,  j'ai vécu deux moments mémorables: les deux écoles avec qui j'ai mené des projets d'écriture ont remis les livres aux élèves.

Écrire des livres avec les élèves est exigeant: ils n'ont pas de réflexes d'écrivains, ils sont déstabilisés par ce qui leur est demandé... et je dois jouer le rôle de l'éditeur. Je suis directeur littéraire, réviseur, éditeur... j'en perds mes repères.

Mais j'adore. C'est stimulant, enrichissant et toujours valorisant.

Je l'ai fait 2 fois, en 2016 et 2017, avec le concept de La maison aux 1001 portes.


L'avantage de cette manière de fonctionner est que je peux facilement concrétiser avec eux l'idée qu'en divisant le travail, il est possible d'arriver à un résultat surprenant.

Cette année, j'ai refait La maison aux 1001 portes à St-Hyacinthe, avec de gentils élèves d'adaptation scolaire qui ont travaillé très fort pour produire un livre, malgré leurs grandes difficultés d'apprentissage.


Le bout que je trouve le plus fou, c'est de voir dans leurs yeux la fierté d'avoir réussi à écrire un livre, tous ensemble, en créant 4 scènes chacun. De voir que c'est un "vrai" livre, qui a l'air professionnel, représente un accomplissement incroyable pour eux qui peinent souvent à lire. 

J'adore passer du temps avec eux à démystifier comment décrire le lieu, comment mettre en scène le personnage, comment faire des choix dans nos idées... 

Cette année, la particularité de cette démarche est qu'un autre projet s'est retrouvé entre mes mains: l'école Ste-Anne de Daveluyville a été sélectionnée par Culture pour tous pour un projet-pilote Hémisphères. L'idée est de faire vivre une expérience culturelle aux élèves. C'est donc un recueil de nouvelles que nous devions écrire, des élèves de quatrième secondaire et moi. 

Sur 10 ateliers, nous avons travaillé en profondeur les lieux, les personnages, l'inspiration, le rythme, l'ambiance... avec la contrainte de raconter une histoire inspirée des anecdotes et des lieux des villages des alentours de Daveluyville. L'idée est venue en pensant à mon recueil Enraciné: est-ce que des jeunes seraient capable de reproduire cette démarche de création? 


Comme j'aime beaucoup réfléchir aux processus d'inspiration, je me suis dit que ce serait un test intéressant à faire. 

Le résultat s'intitule "Chute libre" et la couverture est une photographie prise par une élève. 


Je le trouve magnifique et il contient 23 nouvelles: 20 jeunes, 1 prof, 1 stagiaire et moi. Nous avons tout de même décidé de jouer un jeu : mon texte n'est pas directement identifié, mais il est facile à trouver. 

Eux aussi, ils étaient fiers. Ils ne le diront pas clairement, mais leurs sourires, leurs visages, leurs yeux... et leurs mains qui touchent les livres le font voir clairement. 


Cette semaine, j'ai lancé deux livres dans lesquels je n'ai pas vraiment écrit, mais dont je suis quand même très fier! 



3 commentaires:

Vincent a dit...

C'est vraiment des beaux projets!

J'ai vécu l'expérience du recueil de nouvelles avec une clientèle très différente (des Aînées), mais tout aussi fière de ses résultats.

Par contre, le projet de la maison aux 1001 portes m'intrigue... comment tu leur divises le travail pour que ce soit cohérent?

M a dit...

Allo!
Je n'avais pas vu le commentaire!

En fait, comme c'est un livre dont vous êtes le héros, c'est assez facile de diviser le travail. Chaque élève explore une pièce de la maison, avec des choix à faire.

Vincent a dit...

Cool! (Et c'est pas Vincent, mais Gen, sur l'ordi de son chum! lolol!)