lundi 18 septembre 2017

Pourquoi j'écris? (2) : Le hockey et la science-fiction



Il y a des romans que nous marquent et qui deviennent des motivations à écrire.

Quand j'étais enfant, je regardais le hockey à la télé. Je n'aimais pas beaucoup jouer, je préférais demeurer à la maison pour regarder les dessins animés.

Mais mon père et moi, avec mon frère, un peu plus tard, on regardait souvent les matchs du Canadien. J'écoutais aussi les parties à la radio quand je n'arrivais pas à dormir. Et quand mon père était là les soirs de semaine, il écoutait aussi "Les amateurs de sport" à CKAC, pour entendre les gens chialer et jouer au gérants d'estrade.

Je me rappelle d'un moment où  j'avais demandé à mon parrain pourquoi lui, il n'écoutait pas le hockey. Il m'a répondu que ce n'était pas important.  À cette époque, je connaissais les joueurs du CH, leurs numéros, je suivais les échanges... et je ne comprenais pas qu'on puisse ne pas s'y intéresser.

Comme tout garçon de mon âge, j'aimais aussi beaucoup Star Wars (qu'on appelait la Guerre des Étoiles). C'était ma référence en science-fiction: de l'aventure, des créatures bizarres, des planètes étranges...

J'ai découvert Denis Côté un peu comme ça. Je suis tombé sur "L'Idole des Inactifs"  et en lisant le résumé, j'y ai découvert qu'on pouvait avoir des histoires qui regroupaient 2 éléments que j'aimais beaucoup : la science-fiction et le hockey.

J'ai compris qu'on pouvait raconter toutes sortes d'histoire quand on est écrivain. Il n'y a personne qui décide, personne qui contrôle.

Écrire, c'est être Dieu.

Je pouvais transposer cette idée du "hockey dans le futur avec des robots" et m'en inspirer, en transposer les idées dans d'autres contextes, d'autres lieux et d'autres époques. Je me souviens de ce sentiment qui m'a frappé, de l'idée que l'écriture permettait de faire des ponts entre des univers différents, entre des concepts qui à première vue (dans ma conception d'enfant) ne sont aucunement compatibles.

Pourquoi j'en parle en ce moment?

En faisait du rangement dans ma bibliothèque, je suis retombé sur ma série des Inactifs. J'ai l'édition Jeunesse-Pop du premier volume , Hockeyeurs cybernétiques, que je me souviens d'avoir lu en dernier, parce qu'il n'était pas dans la collection des Inactifs. J'ai la première édition Courte Échelle des romans des Inactifs. Je m'en rappelle: un jour, je suis tombé sur le roman "L'arrivée des Inactifs" et je trouvais ça vraiment intrigant que le quatrième livre de la collection soit un roman se déroulant avant les trois autres. Je ne savais pas que le roman avait déjà été publié.

J'ai aussi apprécié, en grandissant, comprendre certaines références que Côté avait utilisé. Quand j'avais 9-10 ans, les Raiders de Lost Ark, ça ne m'évoquait rien de particulier. Quand j'ai compris que Côté rendait hommage à Indiana Jones, j'ai été soufflé.

Quand, en bouquinant, je suis retombé sur les romans de cette série arborant de nouvelles couvertures, j'ai été content de voir que ces romans survivaient au temps qui passe.

Ils ont aussi été regroupés en édition intégrale.

Pourquoi est-ce qu'en rangeant ma bibliothèque je me suis accroché à ces romans?

Parce que je publie Lucas, bientôt, un roman sur le hockey, et parce qu'en ce moment, je termine la réécriture d'un roman de science-fiction qui paraîtra cet hiver.

Parce que Côté, en voyant ses romans réédités plusieurs fois (je vous parle des Inactifs, mais ce ne sont pas les seuls romans de l'auteur à avoir eu plusieurs vies), atteint une possibilité que je trouve incroyable: il peut marquer des lecteurs de différentes générations.

Parce qu'il écrit encore et publie de temps en temps des nouveaux romans.

Parce que j'espère que mes romans aient ce genre de vie.

Pourquoi j'écris?

Peut-être pour me donner l'impression de contrôler un peu le monde qui m'entoure et qui trop souvent m'échappe.

Peut-être aussi parce que ça me sert un peu de thérapie.

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