L'avis du coach: Le jeûne (partie 2)

À lire: 


Les réels bienfaits du jeûne

L'approche 5:2 et « alternate day fasting » (approche 1:1)

À son plus simple, ces méthodes apportent des résultats sur la perte de poids parce qu'il a été observé que les gens qui intègrent 2 journées ou plus de jeûnes dans leur semaine vont forcément moins manger de calories totales durant la semaine.  

L'approche 5:2 (voir le livre de Michael Mosley) suggère de manger sainement et de façon équilibré à tous les jours de la semaine pour optimiser les résultats, alors que l'approche 1:1 permet de manger n'importe quoi les jours de non-jeûnes, sous prétexte que les gens ne mangent pas suffisamment le lendemain d'un jeûne pour compenser le déficit calorique créé par le jeûne.  En gros, on applique une stratégie qui permet de respecter la première loi de la thermodynamique, voulant que l'apport calorique soit inférieur aux dépenses.  En théorie, lorsque cette loi est respectée, il se produit incontestablement une perte de poids.

La perte de poids et ses conséquences positives sur la santé sont des bienfaits réels d'une telle pratique.

La question est donc : est-ce que la perte de poids résultant de l'approche plus drastique qu'est le jeûne est supérieur à une perte de poids d'une approche plus globale du genre « diminuer modérément ses portions », par exemple sur les fonctions métaboliques du corps et sur la santé en générale?


Les bienfaits potentiels, au-delà de la première loi de la thermodynamique

Les scientifiques s'intéressent à l'effet « électrochoc » de la pratique plus drastique qu'est le jeûne sur les fonctions métaboliques du corps et sur la gestion de l'ensemble des cellules du corps humain.  On hésite à promouvoir ces bienfaits par le peu de nombres d'études scientifiques sur des humains, et quelque-uns de ces bienfaits sont des hypothèses issues d'observations.  Donc, qu'est-ce que le jeûne aurait de si extraordinaire?

       Les neurones du cerveau bénéficieraient du léger stress imposé par la restriction calorique, de façon semblable au stress imposé l'activité physique.  La réponse adaptative de ce bon stress incite les neurones du cerveau à se régénérer et serait protectrice des maladies tels l’Alzheimer et le parkinson.

       Des restrictions caloriques intenses mais contrôlés auraient des effets positifs sur la disparition de la masse adipeuse au niveau viscéral (le gras le plus dangereux) notamment au niveau du pancréas et du foie. L'apport restrictif de calories permet de libérer la réserve de glycogène dans le foie. L'épuisement des réserves de glycogènes signifie l'amélioration de la sensibilité à l'insuline au niveau du foie, et serait indicateur de la réversibilité de problèmes métaboliques comme le diabète de type 2.  L’amélioration de la sensibilité à l'insuline du foie régulariserait la sécrétion d'insuline par le pancréas.

       Le jeûne s'attaquerait aux endroits où les graissent s'accrochent de façon têtue. Les endroits où les graisses tardent à se dissiper possèdent un haut niveau de récepteurs alpha-2, inhibant la libération des acides gras libres dans ces régions. Les effets stimulants du jeûne sur l'augmentation du niveau des catécholamines dans ces régions activent les récepteurs beta-2 et permettent la libération des acides gras dans le sang pouvant ensuite être utilisé comme substrat énergétique par les muscles.  L'activation des récepteurs beta-2 serait corrélé à la sensibilité à l'insuline, résultat de l'épuisement des réserves de glycogène dans les muscles.

       Le jeûne diminue la pression artérielle.



Je n'encouragerai pas n'importe qui à s'attaquer à son problème de poids par la voie extrême du jeûne. Du moins, je ne l'encourage pas dès le départ.  Dans la pyramide des priorités, il faut surtout savoir qu'il est important d'appliquer des changements à la qualité de son alimentation avant de penser à se restreindre.

  Chaque personne doit faire son cheminement par essaie-erreur sur ce qui lui permettrait de connaître du succès à long terme.  Pour les gens obèses, la priorité est la perte de poids, et selon moi il peut être plus sage d'y aller par l'approche de l'alimentation de qualité et l'activité physique modéré à intense. À ce moment, il s'agit d'analyser ses comportements alimentaires et d'adapter ses façons de faire.

Une fois cette première étape assimilée, la deuxième phase peut certainement inclure une augmentation de l'intensité des efforts pour permettre d'augmenter la sensibilité à l'insuline, tout en s'assurant de demeurer en déficit calorique.

Finalement, je considère que la pratique d'un régime hypocalorique stricte contrôlé peut tout à fait servir d'ultime moyen pour briser un plateau, retrouver une fois pour toute son poids normale et sa santé.

Je ne vois pas l'approche par le jeûne comme un comportement déplacé ou « trop intense ».  C'est un moyen comme un autre, une preuve de détermination tel un athlète olympique qui est près à tout pour relever le défi de sa vie.  Il est de la responsabilité de chaque personne de doser son niveau d'intensité par rapport à l'approche pour que ça ne devienne pas un problème dans l'équilibre de sa vie sociale/familiale/professionnelle/mentale, comme dans n'importe quel contexte amenant une personne à être dévouée, persévérant et passionné.

Il faut être éduqué pour appliquer sainement un jeûne, car le corps devra fonctionner avec la meilleure qualité d'alimentation possible durant ces périodes.



Contrairement au mythe perpétué encore à ce jour, la restriction par un régime hypocalorique ne ralentit le métabolisme que s'il est pratiqué sur une longue période, comme plusieurs jours, voir semaines consécutives.  Il est donc faux de croire qu'un repas après une période de restriction de quelques heures va se loger plus facilement sous forme de graisse pour compenser, ou dans le but de faire des réserves.  Sans appliquer rigoureusement un jeûne, il peut quand même être positif de se libérer de cette croyance qui nous faisait penser que l'on devait manger à tous les 2-3 heures par crainte de ralentir son métabolisme. 

Quoi que vous tentiez, le jeûne (ou régime hypocalorique stricte) ne doit pas être guidée par l'impulsion, la culpabilité et la punition.  Il ne doit pas être utilisé comme outil pour se donner une sensation de contrôle ou pour toute autre raison qui pourrait caché un trouble de comportements alimentaires et autres problèmes psychologique.    Il doit être appliqué avec planification et réalisme. 

De tout ce qui est dit au sujet du jeûne, ce que je trouve de plus positif est que chaque personne peut et doit planifier la fréquence de ses repas en fonction de ce qui l’accommode le plus.

Ensuite, la pratique du régime hypocalorique et du jeûne intermittent devrait être une question de préférence et pas nécessairement être perçue comme tout noir ou tout blanc.  Chaque personne doit apprendre à reconnaître ses comportements et tendances au niveau alimentaire.  La nourriture ne doit pas être une source d'obsession.  Il faut trouver l'approche qui nous permet d'être en paix avec la nourriture et éliminer la culpabilité.


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