vendredi 4 mars 2016

L'avis du coach: Le jeûne (partie 1)

Note: En discutant avec Julien, le kinésiologue qui me suit depuis quelques années,  ici nommé le "coach", nous avons décidé d'établir cette rubrique "L'avis du coach" où il répond à mes interrogations et mes réflexions sur la perte de poids et la remise en forme. 

Voici donc: L'avis du coach

Jeûne : fontaine de jouvence ou perte de contrôle?

Le jeûne, le mot fait peur!  D’emblée, ce terme évoque la privation de nourriture.  De l'avis d'une grande portion des professionnels de la santé, qui dit privation dit déséquilibre.  Est ensuite évoquée la problématique des troubles du comportement alimentaire, de l'apport impulsif et exagéré de malbouffe en réponse à cette privation, des sensations regrets, de frustrations, de problème d'estime de soi, et ainsi de suite.  À première vue, le jeûne fait peur parce qu'il est perçu comme la spirale de l'échec sur le contrôle du poids et peut potentiellement en découler des problèmes psychologiques.



Vrai que lorsque le lien devient très étroit entre les émotions et la nourriture, les comportements font parfois fi de la raison.  Chez certaines personnes, l'impact émotionnel lié aux problèmes de l'image et l'estime de soi mène à des comportements qui manquent de jugement et qui sont perçus faussement comme étant la solution. L’extrême privation de nourriture est un des symptômes de ce types de problèmes avant tout psychologique.  Cependant, qu'en est-il des comportements conscients et raisonnés de restriction temporaire de nourriture dans le but de contrôler son poids et améliorer sa santé? 

Peut-être sommes-nous trop rapides sur la gâchette par rapport à tout ce qui réfère à diminuer la fréquence des repas à l'occasion? Existe-t-il une loi qui dit que quelqu'un qui mange moins de 3 repas par jour et aucune collation entre les repas a un problème alimentaire?  


Où tracer la ligne? On sait ce qui est normal dans notre culture, mais qu'est-ce qui est efficace pour le corps, la santé, le poids?  Et si on s'ouvrait face à d'autres possibilité?

Est-ce que les normes sociales empêchent certaines personnes de trouver leur zone d'équilibre?  Peut-être que pour certaines personnes, ces barèmes les empêche d'avoir le contrôle sur l'appétit. 

Comme Mathieu en fait mention dans sa publication, la science démontre que physiquement, la pratique d'un régime hypocalorique stricte pendant un certain temps amène physiquement des bienfaits non négligeables.  Le corps aurait une tendance à réguler son métabolisme de façon plutôt intéressante lorsqu'il n'est pas occupé à digérer constamment de la nourriture. Pour clarifier, « jeûne » et « journée de régime hypocalorique stricte » sont synonymes et sont défini comme une journée où l'on consomme de 600 à 800 calories.

Deux mises en garde dès maintenant.  Ces journées jeûnes doivent être bondées d'aliments denses en nutriments pour éviter les carences en vitamines.  Ces journées ont une tendance végétarienne car les fruits, légumes et les légumineuses apportent une variété de vitamines, protéines et fibres en un minimum de calories.  Néanmoins, une source de protéine comme de la viande ou du poisson maigre est également conseillée pour l'effet rassasiant et pour le maintien de la masse musculaire.

Nous faisons donc face à un dilemme : encourager ou non le jeûne/le régime hypocalorique stricte? D'un côté, on ne peut qu'être enthousiaste face aux potentiels bénéfices sur la santé d'une telle pratique dans un environnement contrôlé. De l'autre, cela signifie un virage à 180 face à tous les porte-paroles de la santé et de l'équilibre par la non privation.  Avec le jeûne, on parle d'une solution théoriquement efficace pour l'atteinte d'un déficit calorique et d'une perte de poids. Du côté de la non privation, on veut éviter de propager une épidémie d’obsession par rapport à l'image corporelle. 



Une tendance s'impose depuis quelques années dans le monde de la mise en forme et du contrôle du poids.  Le terme « jeûne intermittent » (« intermittent fasting ») fait de plus en plus jaser autant chez les adeptes de salle d’entraînement que chez les scientifiques dans le domaine de la physiologie.


Le jeune intermittent est la pratique volontaire d'un jeûne temporaire.  Les ouvrages populaires suggèrent d'appliquer le jeûne par périodes d'alternance de jours.  Les journées jeûnes sont définis comme étant des journées ou l'apport calorique se restreint à environ 600 calories. On retrouve notamment dans cette branche la diète 5:2 popularisé par Michael Mosley ou encore le « alternate day fasting » (l'approche 1:1). 

L'interprétation d'études scientifiques suggèrent que le jeûne intermittent pourrait s'avérer une avancée dans la compréhension de certains phénomènes pouvant mener au surpoids et même à l'apparition de certains maladies. 



Encore une fois...si on encourage le jeûne, est-ce une catastrophe ou a-t-on ici la solution potentielle au fléau de l'obésité et des problèmes de santé qui en découle?

Les réponses dans un prochain billet! 

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