dimanche 20 mars 2016

L'avis du coach: contrôle du poids = question de volonté?

L'avis de Julien, kinésiologue au Centre Athlétique TR, succursale Bécanccour. 
Pour lire ma réflexion sur la motivation, c'est ici. 

Est-ce que le contrôle du poids est une question de volonté?
Si le contrôle du poids était une question de volonté, est-ce que plus de la moitié de la population Américaine présenterait des risques de santé lié au surpoids? C’est sans compter les gens qui présentent un poids dit santé, mais qui ont un tour de taille a risque et un pourcentage de graisse élevé. Le fait est que la plupart des gens ne présentent pas les habitudes de vie nécessaire au maintien d’une bonne santé.


Comment pourrait-on pointer une personne en surpoids du doigt et lui dire que ce n’est qu’une conséquence d’un manque de volonté? Comment pourrait-on pointer du doigt plus de 50% de la population américaine et clamer haut et fort que tous ces gens ont tous un manque de désir de se prendre en main? Impossible. Quelque chose cloche. La problématique de la perte de poids n’est pas une donnée qui nous permet de juger de la discipline et de la volonté des gens. Je crois en l’humanité. Chacun a un désir d’accomplissement et une volonté d’avoir la santé autant physique que mental pour soi-même et pour ses proches. Tout le monde se souhaite la santé. Les gens sont persévérants et disciplinés dans plusieurs sphère de la vie. Ils finissent leurs études/diplômes, vont au travail à chaque jour, accomplissent leur besogne.

Ils en ont, du "willpower".



Pourquoi alors ce dérapage de la santé à l’échelle mondiale en lien avec le surpoids depuis les années 1980?
Ce sont ces questions qui m’amène à revenir au gros bon sens et à penser que la perte de poids va au-delà de la volonté comme on la perçoit. Tout le monde veut être en santé et tout le monde veut être fier de son image et de ses accomplissements. Serait-il justifiable de jeter le blâme sur ceux qui n’y parviennent pas sous prétexte qu’ils ne veulent pas assez?
J’écris des articles qui expliquent comment le contrôle du poids est théoriquement très simple. Cela dit, je serais naïf de penser qu’il suffit de savoir qu’il faut manger moins et bouger plus pour contrôler son poids. Tout le monde le sait. En plus, on pourrait penser que c’est facile d’appliquer la théorie puisque chaque jour, c’est nous-même qui faisons face à des choix en lien avec la nourriture et l’activité physique. On possède l’outil principal pour passer à l’action, soit le poids de notre propre corps. On a tous 20-30 minutes par jour à consacrer à l’activité physique. On a tous le choix de diminuer nos portions. Ce n’est donc pas vrai que le manque de temps ou d’argent devrait être une excuse.


Faut-il pour autant culpabiliser et responsabiliser individuellement chaque personne pour les décisions qui vont à l’opposé de leur santé et leur bien-être? J’en doute fortement.
Voici ce que je pense. La majorité des gens comprennent mal ou pas du tout leurs comportements qui les amène à manger mal ou a rester inactif. Pendant qu’une partie de nos pensées nous rappelle qu’il faut bouger et manger mieux, l’autre partie s’impose par l’influence des émotions et de l’environnement. Le problème est que les émotions prennent le contrôle de nos actions dans l’immédiat. L’émotion quasi omniprésente dans notre société est celle du stress.



Il y a un mal collectif qui amène les gens à rechercher constamment le réconfort. Quand je pense au mot réconfort, je pense à ce qui nous amène à vouloir éliminer le stress, éviter le changement. On vis dans une société stressante et qui brûle les gens. La fatigue est omniprésente, les engagements et les responsabilités sont nombreuses et se répètent quotidiennement. Il est normal de rechercher le réconfort dans quelque chose de simple, facile et disons-le, très efficace sur le moment : le divan et la bouffe (netflix, facebook, le chocolat, les chips, etc.).


Par ailleurs, les aliments très sucrés et gras/salés sont les choix préférés des gens stressés. Le cortisol, hormone lié au stress, amplifie le désire pour ces aliments. Les aliments dont les goûts ont été artificiellement amplifié déborde dans les épiceries et les restaurants. C’est trop facile de se jeter sur ces aliments quand on cherche inconsciemment à gérer son stress. Plus vous serez stressé, plus les aliments comme le sucre la malbouffe vont agir comme une drogue et vous inciter à surconsommer.


On laisse le quotidien nous rattraper sans cesse, et les comportements réconfortants mais auto-destructeurs sont répétés à chaque jour (habitude et dépendance physique à la malbouffe). La société est exigeante physiquement et psychologiquement. Les horaires, le rendement, la productivité, la gestion du portefeuille, l’impuissance face à l’économie, l’image de la réussite par le bien matériel, la dépression, le surmenage, l’anxiété etc. sont des réalités auxquelles nous devons tous faire face.


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