lundi 2 novembre 2015

Écrire un roman sur l'obésité (4): L'effet pernicieux des médicaments

Depuis que je suis diabétique, je mène un combat que tous les gens dans ma situation doivent mener : tenter de contrôler le taux de glucose sanguin. Le diabète se manifeste comme ça, avec des valeurs qui sortent des normes et qu’on doit ramener dans les normales. Pourquoi? Simplement parce que les hauts taux de glucose sanguin abîment les extrémités et fragilisent les capillaires, ces petits vaisseaux sanguins qui irriguent plusieurs parties de notre corps, ce qui peut causer des dommages et des conséquences comme la cicatrisation lente, par exemple. Bref, il faut faire baisser ce taux.
Les médecins prescrivent des médicaments, pour que la baisse soit effective rapidement, tout en recommandant la perte de poids et la remise en forme, qui ont des effets à plus long terme.
Cette technique provoque un effet instantané : le diabétique qui commence sa médication est obsédé par son taux, il utilisera son glycomètre avec rigueur et constatera très rapidement que ton taux de sucre se stabilise, surtout qu’il mange moins et commence à bouger.
L’effet rapide à son mauvais côté : le taux de sucre descend à une vitesse vertigineuse et devrait se placer près des valeurs recommandées. Il y aura probablement ajustement de la médication dès le départ et dans les mois suivants (la dose de metformine sera augmentée ou on ajoutera d’autres pilules) et il y aura un effet sur le taux de sucre. Se reposant sur la médication qui de toute façon fait le travail de garder le taux bas et relativement stable, le diabétique aura le réflexe de diminuer ses efforts de remise en forme et de gestion de l’alimentation.
Pourquoi? Parce que les médicaments deviennent un coussin sur lequel on se repose. L’effet pernicieux de la médication, il se trouve là, dans cet abandon qui ponctue le processus de gestion du diabète, alors que ce que le diabétique devrait faire, c’est accepter sa maladie, sa condition, et se battre pour renverser la vapeur. Parce que le médecin n’insiste malheureusement pas assez sur le fait que l’alimentation et l’activité physique sont deux facteurs qui permettent même souvent de gérer le diabète sans médication.
Sauf que… on commence par la médication, pour tout rétablir rapidement. Cette béquille devient de plus en plus importante, parce qu’elle donne l’impression que sans grands changements dans les habitudes de vie, le diabète va se contrôler grâce aux pilules.
C’est après avoir lu  « The end of diabetes » du docteur Fuhrman que j’ai compris tout ça : on médicamente parce qu’on sait que les gens ne font pas les efforts pour contrôler leur diabète avec leur mode de vie. Les gens ont ensuite tendance à garder leur mode de vie, mais en s’appuyant sur les pilules.
Alors je me retrousse les manches. Mon objectif ultime serait de contrôler mon diabète sans médication.
C’est difficile. Ce chemin est ardu, semé d’embûches et long, très long.
Mais je continuerai. Si mon corps est incapable de fonctionner correctement sans la médication, je m’avouerai vaincu, mais tant que j’aurai la force de me battre, je tenterai d’y arriver.

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