lundi 26 octobre 2015

Écrire un livre sur l'obésité (3): Le danger des téléréalités

Si vous ne les avez pas écoutées, vous avez vu les pubs : ils sont gros, ils suent à grosses gouttes devant un coach qui les engueule, ils vomissent dans un coin, ils pleurent et se pèsent ventre nu en sautant de joie devant leurs résultats hallucinants…
Eh oui, les concurrents de télé-réalité de perte de poids.
J’aime bien les écouter, mais sans trop songer à l’envers du décor. Sans penser à tous ces moments qu’on ne nous montre pas où les exigences de la production mettent la santé  des participants en danger.
L’idée de sortir les gens de leur quotidien pour les amener à perdre du poids n’est pas si mauvaise en soi : il s’agit en fait de repartir du bon pied. Combien de fois je me suis dit « si je n’étais pas gros, j’éviterais de le devenir » ou encore « c’est tellement difficile de maigrir, je ne vais pas réengraisser certain! »

Sauf que la réalité est tout autre. Combien de participants à « Qui perd gagne » (the biggest loser) ne tiennent pas la forme après l’émission? Je suis persuadé que plusieurs reprennent leurs mauvaises habitudes de vie. Pourquoi? Parce que l’apprentissage n’est pas efficace, il ne se produit pas pendant la vie quotidienne. C’est la vie de tous les jours qui a amené ces obèses morbides à surconsommer des quantités astronomiques de nourriture et à prôner la sédentarité.
Je le sais : je suis comme eux.
La vie quotidienne peut être trépidante et enlevante, mais les petits moments d’ennui reviennent,  il n’y a personne pour toujours pousser à se dépasser, on doit cuisiner, vivre avec la pression et le stress… des éléments qui diffèrent de la vie devant les caméras.
Je parlerai donc, dans de prochains billets, de ces émissions que sont Extreme weight loss, My 600 lbs life, Obese : a year to change my life et bien sûr Biggest Loser.
Sans oublier de vous dire que souvent, notre repas « triche » de la semaine se prend chez nous le mardi soir… soir de diffusion de certaines de ces émissions. Il y a un certain plaisir coupable à manger une poutine en  regardant les autres se défoncer, non?
À bientôt!

4 commentaires:

Gen a dit...

Il y a une chose que tu ne mentionnes pas : outre les habitudes de vie, des fois les problèmes liés à la bouffe sont mentaux. Je sais que, dans ma famille, quand on ne va pas bien, qu'on s'ennuie, qu'on est stressé, qu'on est triste, qu'on est fatigué, on mange. Trop et, la plupart du temps, de la scrap. Pourquoi? Parce que ma mère avait ce réflexe-là (elle arrivait du boulot en disant "j'ai eu une journée de merde, j'vais cuisiner des biscuits au chocolat pour me remonter le moral") et nous l'a transmis.

Résultat : un combat permanent contre l'obésité pour ma sœur et moi (et pour mes cousines, parce que ma mère tenait ses réflexes de quelque part...). J'ai la chance de n'être jamais entrée dans la catégorie "morbide", mais c'est seulement parce que j'ai toujours fait énormément de sport. Le sport empêche pas de devenir gros (on peut manger des calories plus vite qu'on ne peut les brûler), mais ça enlève du temps pour manger!

M a dit...

Oui, en effet, je pense qu'une grande parti du problème est mental. J'y reviendrai dans un autre billet, éventuellement...

WikiPA a dit...

Pour avoir vécu un épisode de prise de poids très important (on parle ici d'un peu plus de 100 livres en un an!), je peux confirmer que le mental joue un rôle très important!

Mais depuis six mois, je me suis repris en main. Je consulte une nutritionniste et un entraîneur, et je m'entraîne environ 2 fois par semaine au gym. Résultat? J'ai perdu 33 livres, 2% de masse grasse, j'avais un « red flag » pour ma tension ET potentiellement du diabète et là tous les chiffres sont beaux.

Pour moi, la clé, c'est de créer une nouvelle routine alimentaire et de s'y tenir. C'est pas évident, mais avec de la volonté, on y arrive. Si on ajoute en plus un peu d'entraînement, question de booster sa dopamine (et accessoirement dans mon cas, augmenter ma résistance musculaire), ça fait (presque!) des miracles.

Il reste que j'ai toujours une crainte de retomber dans mes anciens « patterns » et de perdre le terrain gagné. Disons que Noël va être un test... intéressant!

Je vous en reparle en janvier! ;)

M a dit...

ça reste toujours difficile, crois-moi. il y a aussi l'importance du réseau, j'y reviendrai aussi!