Étrange métier

L'une des facettes du métier d'auteur que je trouve fascinante est bien l'étape des soumissions et de l'attente. J'y trouve une étrange dynamique qui est loin d'être celle qu'on retrouve habituellement entre deux partenaires d'affaires: il y a ici un des deux partenaires, l'auteur, qui tente de séduire l'autre, l'éditeur, qui a priori n'est pas intéressé à le publier. Dans mes ouvrages de pigiste, la situation n'est pas la même: pour les contrats de rédaction, je reçois des demandes de soumission de la part d'entreprises qui cherchent des rédacteurs, en sélectionnent quelques-uns et leur demandent le prix pour tel ou tel contrat.

Avec le temps et les relations cordiales qui peuvent d'établir entre l'auteur et son éditeur, l'éditeur devient un partenaire d'affaire: l'auteur n'est plus le petit gamin qui demande "Veux-tu être mon ami?", il est l'autre adulte qui dit:"Voici ce que j'aimerais faire, embarques-tu ou pas?"

Et... malgré les romans publiés, malgré les bonnes (et parfois moins bonnes) relations avec les éditeurs, il arrive que des projets ne cadrent pas avec les éditeurs habituels. Et là... la ronde de séduction recommence.

C'est là que l'attente de l'appel devient intenable. Parce qu'un éditeur qu'on connait répondra dans un délai raisonnable parce que le manuscrit ne sera pas dilué dans la masse des soumissionnaires. Il sera lu plus rapidement. Ne sera pas nécessairement accepté, mais sera lu plus vite. Mais un éditeur qui ne nous connait pas risque de nous noyer dans la pile.

Bref, arrive parfois le moment où un éditeur t'envoie un courriel et te dit:"J'aimerais qu'on se parle de vive voix la semaine prochaine." ce qui provoque une insomnie involontaire liée au stress et à l'espoir. #entités

Et quand l'appel est très positif, toutes ces réflexions prennent le champ.




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