vendredi 13 février 2015

Bienvenue à Nozophobia

L'an dernier, j'ai été approché pour écrire un texte ayant pour thème la peur. On me proposait de choisir de quelle peur j'avais envie de traiter. Dans mon processus de perte de poids, j'étais motivé par la peur que mon diabète ne devienne un handicap. 

Les conséquences d'un diabète mal contrôlé sont assez graves: problèmes cardiaques, cicatrisation déficiente pouvant mener à l'amputation, perte de la vue... Disons que ma prise de conscience survenait tard mais avant les échéances fatidiques. Bref, le thème qui m'est venu à l'esprit est la peur de la maladie. 

J'étais bien fier de ce thème qui me semblait inhabituel. Je devais donc en amorcer l'écriture. J'ai écrit souvent dans mes cahiers, sous forme d'un journal intime d'un jeune homme qui a toujours eu peur d'être malade, jusqu'à en développer une phobie de l'être humain. Je n'arrivais toutefois pas à cerner le texte et à le rendre jusqu'à une conclusion intéressante. Je me souviens, dans un atelier d'écriture, Elisabeth Vonarburg nous avait dit: "ne pas connaître la fin est une contrainte difficile à contourner."

Alors, à 3 semaines de l'échéance, je me retrouvais avec un texte qui ne fonctionnait pas du tout. 
J'ai tout jeté par la fenêtre. Je me suis demandé:"Et si ce n'était pas un individu qui avait peur de la maladie, mais toute une société?" 

Là, je tenais quelque chose. Le texte "Bienvenue à Nozophobia" venait de naître et je savais exactement où je voulais l'amener. Bon, j'avoue, j'en aurais fait un roman, mais pour la nouvelle, j'avais une histoire qui se tenait et qui me permettait de présenter très rapidement l'arrière-monde que j'avais envie d'esquisser. 

En  3 semaines, j'ai écrit 2 versions, corrigé et soumis le tout. 

Réponse positive: l'éditeur adore mon angle d'attaque. 

Et c'est ainsi que j'ai écrit une dystopie sur le thème de la peur de la maladie. 


Extrait: 


Je feuillette distraitement les actualités sur le plexiverre de la table de cuisine, branchée sur le RÉZO : les manchettes s’affichent en surbrillance. Le gros titre qui attire mon attention est le plus grave : des troubles ont eu lieu au mur. Des Dirtys ont tenté de se frayer un passage près de l’orphelinat. Là où habite Sofia! Heureusement, une escouade de Cleaners est arrivée à temps pour empêcher le flot d’exclus d’envahir la Nozone.

                Quand Papa entre dans la salle commune, je vois à son visage allongé qu’il connait les actualités. Il a sûrement passé une partie de la nuit debout parce qu’il travaille à la sécurité.  Il s’occupe de la chasse aux nouveaux Dirtys. Une surveillance accrue des habitants de ce secteur de la Nozone suite à cet incident l’éloignera de la maison pour de longues heures dans les prochains jours. Et m’empêchera peut-être de voir Sofia! 

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