Alain M. Bergeron: hommage pour le 200ième!

Alain M. Bergeron publiait cet automne son 200ième livre. Pour l'occasion, Mme Estelle Sauro a décidé de lui monter un livre fait maison contenant 200 messages d'amis et de collègues pour souligner ce chiffre hallucinant.

C'est finalement un livre contenant plus de 500 messages qui a été remis à Alain. J'ai décidé d'y participé parce que j'apprécie l'homme et l'écrivain en lui écrivant une petite "nouvelle" hommage.

Maintenant qu'Alain a reçu son livre, je vous copie ici mon petit texte: La ligne des Super Alain.


La ligue des Super-Alain
Par Mathieu Fortin
Projet : Hommage à Alain M. Bergeron pour son 200e livre!

           


            Ce matin-là, j’étais nerveux comme jamais. C’était l’un des moments les plus importants de ma vie : je rencontrais madame Aline Alain. Tu ne sais pas de qui je parle? Pourtant, c’est une dame très connue : c’est la dirigeante de la ligue des Super Alain.
            Ce matin-là, c’était mon entrevue finale, pour savoir si on m’acceptait parmi ces guerriers des mots que sont les Super Alain.
            La dame était assise dans un siège blanc à haut dossier et me regardait avec ses yeux bleu acier. J’ai pris place sur une banquette beige, les mains sur les genoux en tentant de retenir la goutte de transpiration que je sentais prête à couler de mon front.
            -- Pourquoi souhaitez-vous rejoindre la ligue? m’a-t-elle demandé de but en blanc.
            -- Parce que je souhaite faire une différence dans la vie de ces enfants.
            -- Pourquoi croyez-vous que vous êtes digne d’être membre?
            -- Parce que j’aime les mots et je crois aux effets qu’ils produisent à long terme dans la tête des lecteurs. J’ai travaillé fort, j’ai bûché, j’ai expérimenté de multiples formes narratives pour trouver ma voix et ma voie. Je crois sincèrement que je suis prêt à porter fièrement le logo des Super Alain.
            Aline Alain a inspiré profondément en me fixant toujours sans bouger. Je me sentais de moins en moins à l’aise. Et si je ne satisfaisais pas à leurs critères? Que pourrais-je alors accomplir de ma vie si la carrière de Super-Alain m’était refusée? Mes parents avaient eu l’intelligence de me donner, comme deuxième nom, le meilleur prénom possible pour moi : mes papiers officiels me nommaient Mathieu Alain Fortin. C’était un bon point pour me faire accepter dans la ligue.
            -- Nous avons ici le résultat de vos tests d’admission, a repris Mme Alain. Vos performances sont intéressantes. Croyez-vous que les Super Alain soient des gentlemen?
            -- Oui, c’est évident. Je sais que les Super Alain aiment se présenter poliment et serrer la main des lecteurs, même des enfants.
            -- Et que pensez-vous du code vestimentaire?
            Je n’avais pas couru le risque de déplaire : j’avais déjà revêtu les jeans bleu délavé, le pull blanc à collet gris au léger motif tricoté et les souliers confortables et de belle apparence. Ce n’était pas les vêtements officiels, seulement un assemblage fait maison à partir de divers achats, mais je me disais que le clin d’œil ferait bon effet.
            -- Je pense qu’il améliore l’apparence de professionnalisme et qu’il cadre bien avec la mission des Super Alain, de placer les mots avant les flamboiements de couleur inappropriés.
            -- Et les lunettes?
            -- Je n’ai pas besoin d’en porter en tout temps, mais depuis dix ans, je me suis habitué à en avoir au visage. Ce n’était pas nécessaire à ma vue, mais j’ai commencé à apprécier le cadre noir dans mon champ de vision.
            -- Et pour les cheveux? La barbe?
            -- J’ai déjà commencé à grisonner et je suis prêt à me raser tous les jours si cet engagement est nécessaire.
            Mme Alain s’est levée et je l’ai imitée. Elle a désigné de la main une porte au fond de la salle. Je m’en suis approché comme elle commençait à s’ouvrir.
            Et à ce moment est arrivé le Super Alain lui-même, pareil comme dans mes souvenirs d’enfance. Il avait vieilli un peu, mais il ressemblait à celui que j’avais vu quand j’étais petit. Il  était venu dans ma classe, avant que la ligue des Super Alain existe, avant que les superhéros des mots soient encadrés par cet écrivain culte et que devenir membre de la ligue était le gage suprême de la qualité d’écrivain et d’animateur en littérature jeunesse.
            Il tenait dans sa main un écusson rond où on le voyait, souriant, un pouce en l’air. Le slogan disant « Je suis un Super Alain, chevalier des mots ». 
            Il m’a tendu le bout de tissu en me disant : « Bienvenue chez les Super Alain. Tu y seras appelé Alain M. Fortin. »
            J’ai pris l’écusson en remerciant Alain de tout mon cœur et il m’a dit : « À toi, maintenant, de transmettre la passion des mots aux enfants! »
            Depuis ce temps, je suis membre de la ligue des Super-Alain et je laisse mes mots conquérir le cœur des jeunes et des moins jeunes en l’honneur de l’auteur préféré des enfants, Alain M. Bergeron.


Mathieu Fortin, Nicolet, juin 2014.
Merci Alain pour ta passion, tes conseils et l’amour que tu donnes aux mots et aux enfants.
           


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