jeudi 16 février 2012

"Dieu" n'est pas un mot dangereux...

Il faut le faire, avoir peur d'un mot.

"Dieu qui réunit ceux qui s'aiment". Vous connaissez cette phrase, tirée d'une chanson.

Pour vous, est-ce qu'elle représente le christianisme? Est-ce qu'elle évoque un danger de pervertir les adolescents ou de les amener sur une pente glissante?  Pour moi, non.

Loin de moi l'idée de défendre les religions: elles ont leur qualités et leurs défauts, elles ont eu leur utilité et causé bien des maux. Je travaille comme animateur au Musée des religions parce que j'ai une réflexion sur le phénomène religieux et je ne me réclame d'aucune religion.

Cependant, cette nouvelle m'a fait tiqué.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201202/16/01-4496547-une-chanson-dedith-piaf-censuree.php

Un enseignant qui enlève cette phrase d'une chanson par peur d'aborder la thématique de la religion oublie son rôle d'éducateur et bafoue volontairement le droit d'auteur.

S'il avait gardé la chanson intégrale et qu'un enfant lui aurait dit qu'il était mal à l'aise de chanter cette phrase, il aurait eu l'occasion de dire:"C'est une chanson, c'est ce que l'artiste ressentait et c'est comme ça. La phrase signifie que tout est bien qui finit bien, c'est le message qui est important."

 Le prof ne voulait pas parler de Dieu et s'embarquer dans une discussion sur le sujet et il se retrouve sur la sellette après avoir fait commis un faux-pas.

Le mot "Dieu" désigne trop souvent, dans notre imaginaire chrétien, le dieu des catholiques. Sauf que ce mot désigne aussi un paquet d'autres gens/entités immatérielles/créateurs de mondes/grands vengeurs cosmiques.

De penser que les élèves n'auraient pas été capable de comprendre cet état de fait révèle le mépris de l'enseignant envers l'intelligence de ses élèves.

Et ce faux-pas démontre une fois de plus que les enseignants sont mal outillés, mal épaulés et trop souvent mal formé pour affronter les dures réalités des classes dans nos écoles.

3 commentaires:

Hélène a dit...

Merci Mathieu pour ce commentaire, la nouvelle m'a aussi beaucoup choquée ce matin. Dans une salle de classe il n'y a pas de place pour ce genre de tabou, au contraire. Mais comme tu dis, les prof sont probablement mal préparés ou encadrés pour ce genre de situation. C'est dommage.

Grand-Langue a dit...

Je ne crains pas Dieu mais je me méfie de ses fans!

Grand-Langue

M a dit...

Bien dit!