jeudi 5 janvier 2012

Qu'il neige ou qu'il pleuve

Les conditions climatiques influençaient mon écriture, avant.

Golf du Saint-Laurent (Matane, Jacinthe Leblanc)
J'avais toujours les plus grandes envies d'écrire lorsqu'il faisait soleil, mais j'étais plus efficace lors des journées venteuses et pluvieuses. Je me rappelle d'un automne où, chaque jour, je m'installais à l'ordinateur en arrivant du travail, dans ma chambre, lumières fermées, fenêtre ouverte, en plein vent, avec une lampe de bureau allumée qui éclairait mes mains, et j'écrivais, sans relâche, sans arrêt. 100000 mots en 2 mois. Deux Nanowrimo consécutifs, si on veut. Deux romans dans le même univers, que j'ai repris, l'année dernière, et que j'ai retravaillé, en ajoutant une longue introduction, pour rendre le tout cohérent... Maintenant, j'y fais un travail d'auteur réfléchi, alors qu'à l'origine, c'était sans me casser la tête.

Parfois, j'oublie la joie du premier jet brut, celui sans réflexion, sans soucis. Celui où on se dit que c'est sans importance si le texte emprunte des voies de contournement ou omet des détails.

Maintenant, je peine à me laisser aller dans le premier jet. Je prends des notes en parallèle sur ce que je devrai chercher, ajuster, arranger. Je réfléchis aux personnages, à leurs motivations, leurs objectifs, en les contraignant plus qu'auparavant. Je regarde mon grand plan général et je tente de m'y coller. N'étant pas très structuré de nature, je trouve ça difficile.

Parfois, je m'ennuie de cette époque où, qu'il neige ou qu'il pleuve, j'écrivais ce qui me passait par la tête, sans obligations, sans contrats.

1 commentaire:

imageetatmosphere a dit...

Comme je te comprends ! Là est le défi de l'écrivain expérimenté, je crois : retrouver l'innocence (ou l'inconscience)de celui ou celle qui commence à écrire, qui se laisse couler aveuglément dans le flot de sa créativité, qui ouvre tout grand les vannes intérieures, mais le faire en toute conscience, sachant que cette étape fait simplement partie du processus...
Beau billet, Mathieu, merci...