L'incompréhension

On y fait souvent face, en tant qu'artiste. Surtout si on décide de consacrer beaucoup temps à cette passion, pour en faire éventuellement un travail à temps plein. Les travailleurs autonomes font face à cette incompréhension de leur entourage au lancement de leur entreprise, mais pour les artistes, ce regard interrogatif nuancé d'un soupçon de mépris ou de pitié demeure longtemps.

Parfois, il s'agit de quitter un emploi plus payant mais qui exige beaucoup de temps et d'énergie (et du temps en dehors des heures de boulot), d'autres fois il s'agit de réduire ses heures ou de modifier son horaire de travail, toujours dans le but de gagner du temps pour écrire plus.

Plusieurs auteurs sacrifient vie sociale et distractions pour leur écriture, mais ce matin, en lisant l'entrevue de Simon Girard dans La Presse, j'ai rivalisé que certains se rendent plus loin que d'autres dans cette folie de vouloir écrire à tout prix. Et j'aime voir que je ne suis pas le pire dans cette folie! Combien de gens ne comprendront pas cette recherche d'un idéal d'écriture, pour  Simon Girard, en le voyant dans le journal? Combien de gens le prendront pour un fou?

Moi, je le vois comme un courageux guerrier. Go, Simon, go!

PS: Et achetez donc son Coups de tête!

3 commentaires:

Dominic Bellavance a dit...

J'avais une attitude semblable (mais pas aussi intense) pendant que j'écrivais Alégracia. J'ai pas fait grand chose d'autre, à part écrire et étudier. J'essaie de mener une vie plus équilibrée depuis, mais je ne crois pas qu'on puisse se sevrer complètement de cet étrange besoin.

Anne-Marie Bouthillier a dit...

L'écriture est un appel tellement intense! Je suis frustrée quand une journée à passé sans que je puisse m'y mettre. Les études, le boulot, les amours, ça gruge beaucoup de temps!
Je n'ai pas eu l'occasion de lire l'article dont il est question, mais je suis du même avis, il faut ''en avoir'' hahaha!

De mon côté, je réserve jalousement au moins une heure dans ma journée pour la lecture, c'est plus que vital pour moi :)

Bon billet :)

Démie Lune a dit...

Ce n'est pas la première fois que je tombe sur des textes/articles qui parlent de l'élan de l'écrivain. Bon, pour certains, c'est plus "agressif" que d'autres...

Pour moi, qui a fait ce genre de "sacrifice" pour avoir du temps plutôt que de l'argent (et encore... je ne sacrifierai pas le temps famille avec mes enfants!), je comprends parfaitement cette pulsion... mais je fais partie de ceuses et celles qui sont dans les marges, les marginaux incompris. =P

Mais j'ai été incomprise toute ma vie, car "créer" a toujours été pour moi un besoin fondamental, mon troisième poumon, et quand on m'a "poussée à travailler plus", et ben, yé t'arrivé ce que j'étais sûre qui arriverait: j'ai frôlé la dépression, alors, tant pis pour ceux qui ne comprennent pas. Moi je comprends! Et je sais pourquoi toi et moi faisons ce genre de choix! =D