mardi 14 novembre 2017

Mardi vidéo/Parole aux écrivains: Rencontre web!

Avec mes copains Carl Rocheleau et Étienne Poirier, j'ai jasé de plein de sujets liés à l'écriture! Si tu as aimé cette entrevue-là, où celle-là, ou encore celle-ci, tu aimeras peut-être entendre ce nouveau format!


Merci à tous les lecteurs qui sont venus me voir au SLM, ça fait du bien de savoir que vous me lisez!

mardi 31 octobre 2017

Ateliers de création littéraire sans écriture!

Dans les deux dernières années, j'ai réalisé des projets d'écriture avec des élèves en adaptation scolaire, soit La maison aux 1001 portes (vol.1) avec les élèves de cheminement continu de l'école secondaire Jean-Nicolet, et La maison aux 1001 portes (vol.2) avec des élèves de l'école spécialisée des Remparts.
Dans ces ateliers, d'une durée d'environ 6 périodes, les élèves devaient écrire 4 scènes d'une séquence "dont vous êtes le héros".

Cette année, j'ai décidé d'expérimenter une nouvelle approche de ce type d'atelier: la planification d'un roman pour préados, mais sans écriture.

L'idée derrière ce type d'atelier est de leur faire vivre toute le genèse d'idées, le brainstorming, bref, tout ce qui est excitant dans la préparation de l'écriture. C'est une partie que j'aime beaucoup (je suis comme le Wells de la saison 3 de Flash: j'aime plus avoir des idées que les mettre en application). Je prendrai des notes, pour décortiquer avec eux la pertinence des idées et éclairer le processus de mes instincts d'écrivain, sur les idées à garder et celles à écarter. Cependant, je garderai précieusement toutes les notes, tout d'un coup que dans l'écriture, certaines idées se rélèvent pertinentes.

L'intérêt de cette démarche est aussi d'enlever une partie du stress inhérent à la création, c'est-à-dire l'idée d'avoir une finalité,  qui s'accompagne souvent, pour les jeunes, d'une dimension d'évaluation, ce qui n'est pas le cas ici.

Cette idée est aussi née de la constatation, quand je donne l'atelier "Vaincre la page blanche", que les jeunes sont très stressés par l'écriture. Cette animation pourrait les aider à voir qu'on ne peut pas écrire sans avoir pensé à ce qu'on fait et qu'il faut prendre le temps de penser nos idées avant de se jeter dans l'écriture.

Je ne suis pas un auteur qui fait des plans très détaillés, alors ici, je vais faire exactement la même démarche que dans la vraie vie d'auteur: organiser les idées, et ensuite, laisser le roman prendre forme sans imposer un déroulement trop précis.

J'ai monté ce projet à l'origine pour la bourse de "Fais-moi peur", le projet que je réalise cet automne avec la maison des jeunes de St-Léonard d'Aston. J'espère, avec les jeunes, faire le plan d'un roman d'épouvante semblable à ce que je faisais pour Zone Frousse, dans la même veine de ce que je publierai en août 2018, soit Les prisonniers du gym (chez Bayard).  La particularité de ce projet est qu'ensuite, l'écriture sera suivie par les jeunes, donc avec un chapitre par semaine posté sur le blogue du projet, ce qui permettra aussi le questionnement et l'interaction en cours de récit. J'aime beaucoup l'idée qu'ils pourront voir ce qu'ils ont décidé prendre forme tranquillement... même si ce sera un premier jet, l'exercice sera pertinent, je crois.

En discutant avec des enseignantes, j'ai perçu un intérêt à exploiter la même idée en classe. Le 1er novembre, c'est ce que je vais tester à Acton Vale, mais dans un concept plus "adulte". J'ai vraiment hâte de voir comment ils vont se débrouiller dans ce concept et de quelle manière ils vont participer....

Somme toute, ils vivront des ateliers d'écriture, pas de simples conférences, mais sans plus écrire que si je ne faisais que leur présenter le métier

à suivre...

samedi 21 octobre 2017

Des nouvelles de Lucas!

Lucas fait son chemin lui aussi et j'aime voir que la réaction des gens est très différente de celle que je voyais avec Mathias, même s'ils sont publiés dans la même collection!

Lucas a eu droit à son article dans Le Courrier Sud. Ce même article s'est aussi retrouvé dans L'Écho de La Tuque.

J'y parle du thème de Lucas: «Ça permet d'aborder la question suivante: comment accepter que tu veux faire certaines choses dans la vie, mais que tu ne pourras finalement pas les accomplir. Dans la création, ça implique d'aller fouiller dans ces zones d'émotions intenses chez soi. C'est plus difficile à ce niveau.»

Je parle aussi de processus d'écriture: «Au lieu de me lancer rapidement dans l'écriture des scènes d'action et ensuite d'enrober avec la narration, comme je le faisais, je commence par écrire les dialogues pour bien définir les personnages. C'est difficile d'aller dans des thèmes plus personnels comme ceux-là. Je pense que ça demande de l'humilité de dire des choses qu'on a vécues qui sont peut-être plus difficiles. Mais c'est ce qui sert de moteur de création. Tu n'as pas le choix d'assumer.»

Je parle aussi de l'écriture de romans réalistes:«J'ai découvert une autre façon de raconter des histoires.   Les personnages adolescents, ce sont des personnages en nuances, en zones grises et en zones lumineuses. Ce sont mes personnages préférés. Mon précédent roman Mathias  était très proche de mon vécu. Ce sont surtout mes amis qui avaient servi de modèles aux personnages. Pour  Lucas, je suis allé vers d'autres gens». 


Ce matin, Lucas est aussi dans Le Nouvelliste.

Comment je vois mon changement d'orientation d'écriture: «J’écrivais du fantastique et de l’horreur parce que j’aime faire vivre ces émotions-là. Je me retrouve dans une autre dimension où je fais réaliser aux gens, dans certains cas, qu’ils ont vécu ces drames-là. Si pour les ados ça peut servir d’apprentissage par rapport à ces situations, on va avoir atteint un but le fun.»

Mon opinion sur l'écriture de drames réalistes: 
«Quand tu écris du drame [...]  Il faut que tu l’assumes, il faut que tu y ailles à fond

Sur Mathias, je raconte: «L’obésité, c’est un prétexte pour parler d’intimidation, de comment on travaille sur soi-même, de comment on s’accepte

Sur Lucas, j'ajoute:«Dans Lucas, c’est l’amitié, la force de caractère qu’on développe dans l’adversité qu’on peut développer quand on est un ado. Le rêve perdu est un prétexte.»

Sur mon nouvel amour du drame pour ados: «J’ai changé ma façon d’écrire et d’aborder l’écriture en faisant ces romans-là. Je ne pensais pas aimer ça écrire des affaires où il n’y a pas de monstres ou des trucs futuristes. Aujourd’hui, j’ai tellement d’idées dans ce genre-là que je n’arriverai probablement jamais à toutes les écrire.»


 Finalement, sur ma philosophie d'animation:«Quand je parle avec des jeunes, je n’ai pas de tabous. Ils ont des questions et ils ont le droit aux réponses»


dimanche 15 octobre 2017

La première chanson de ma fille

Elle vient me voir, ce matin, pour me dire qu'elle veut écrire une chanson. Elle me dit "Ça va commencer par: "Je voudrais être un oiseau."

Je lui ai demandé ce que ferait l'oiseau et comment elle se sentirait si ça lui arrivait.

Je l'ai guidée, mais ce sont ses idées et j'ai vu qu'elle avait compris d'elle-même la forme de sa chanson.

Elle a aussi changé, toute seule, le rythme du troisième paragraphe.

Papa fier.


dimanche 8 octobre 2017

Les rencontres se suivent...




29 septembre: motiver des élèves de 5e et 6e à trouver que la lecture et l'écriture, ça peut être cool.  (Sainte-Julie)

5 octobre: semaine Lis avec moi, parler d'écriture et répondre aux questions de 2 classes d'adaptation scolaire (Trois-Rivières)

11 octobre: Vaincre la page blanche, avec des élèves de l'éducation aux adultes (La Tuque)

13 octobre: Revenir sur la lecture du Protocole Reston et préparer leur écriture de nouvelle (Montréal)

13 octobre: Début du projet "Fais-moi peur"  ( St-Léonard d'Aston)

16 octobre: Date limite pour remettre la version finale (après la direction littéraire) de Nozophobia.

26 octobre: Fin du projet "Fais-moi peur"  ( St-Léonard d'Aston)

1 novembre : Planification d'écriture d'un roman style "contes interdits" avec des élèves en FPT/FMS.

On reviendra là-dessus en novembre!

mercredi 4 octobre 2017

Projet "Fais-moi peur!"

Mon mois d'octobre va s'articuler, cette année, autour d'un projet bien spécial pour lequel j'ai reçu une subvention du Fonds culturel de la MRC de Nicolet-Yamaska.

Exemple d'ambiance qu'on risque d'avoir! 



En collaboration avec la maison des jeunes l'Eau-Vive de Saint-Léonard d'Aston, je vais parler avec les jeunes de tout ce qui précède l'écriture, donc de conception et conceptualisation, et nous allons ensemble, sur 2 rencontres, sortir les éléments importants d'un roman et définir des trucs comme les personnages principaux, les lieux, les péripéties, etc.

Ensuite, je vais, pendant quelques semaines, posté un chapitre par semaine (ou par 2 semaines, on verra) en ligne pour qu'ils voient prendre forme le roman. Vous pourrez aussi suivre l'aventure: le roman d'épouvante pour enfants (visant les 8-12 ans) sera écrit en ligne ici.

L'idée est de produire le premier jet du roman en fonction du plan. Il va s'en dire que le texte sera appelé à se modifier lors de la réécriture et éventuellement de l'édition, si un éditeur s'y montre intéressé.

Est-ce que ça va marcher? J'ai bien hâte d'expérimenter ça, en tout cas!


dimanche 1 octobre 2017

Les mots qui sonnent

J'aime lire en public.

Je ne le fais pas souvent, pour toutes sortes de raisons.

Mais la première de toutes, c'est que je ne suis pas habitué de voir et d'obtenir tout de suite la réaction des lecteurs, dans ce cas-ci des spectateurs. C'est une corde raide, un risque avec lequel je ne vis pas souvent. La solution serait simple, en fait: à force de lire devant public, cette corde raide serait de moins en moins effrayante.

Vendredi dernier, j'ai participé à une soirée "micro ouvert" où il n'y avait pas de micro. Éclairé au néon blanc et cru de la bibliothèque municipale, assis sur une chaise devant un petit public hétéroclite, j'avais dans les mains "Morphoses", recueil paru en 2010.


Je me sentais sur la corde raide, parce que je n'avais jamais lu à voix haute le texte que j'envisageais de lire intitulé "Les tartes de l'automne".

Je le trouvais à propos, parce qu'il traite d'une étrange maison où, l'automne venu, près d'Halloween, un garçon cuisine avec sa mère pour créer un étrange rituel où nourriture et mort sont intrinsèquement liés.

Par contre, le stress que je ressentais était constitué d'étrange manière: et si les spectateurs n'appréciaient pas? J'étais le seul auteur publié sur place, devant des poètes ou auteurs amateurs, dont les textes venaient d'être appréciés des spectateurs. Certains s'étaient attirés des commentaires dithyrambiques.

Et si moi, l'auteur publié, je me butais à des oreilles indifférentes? La dernière fois où j'ai lu comme ça, en public, un partie d'une de mes oeuvres, c'était dans le cadre de la soirée "Le cabaret des rois", lors du festival La crue des mots, à Mont-Joli.  J'avais eu comme coach Michel Faubert, pour la préparation à la lecture, et entre conteur, slameur et musicien, ma lecture d'extraits d'Enraciné avait été pensée, planifiée.


Alors que là, j'ai crains, quelques instants, que mon texte, pourtant publié dans 2 revues avant d'être repris en recueil, ne se bute au jugement des gens.

Heureusement, les gens ont apprécié. Ils ont noté la progression fantastique, l'évocation des odeurs, la mise en place des éléments qui construisent la révélation fantomatique de la finale.

C'est un texte au "je", sans aucun dialogue.

C'est en lisant "Le ballet des outardes", quelques minutes plus tard, que j'ai été confronté aux regards interrogateurs des spectateurs. Ce texte repose sur un dialogue entre un père adoptif et une enfant de 10 ans. C'est là que, malgré la beauté poétique de cette histoire, j'ai réalisé que certains textes laissent un bon souvenir à la lecture, mais ne passent pas bien à l'oral.

Mais j'ai apprécié mon expérience.

Je me promets de recommencer bientôt!





jeudi 28 septembre 2017

Pour la sortie de Lucas, célébrons Mathias!

Lucas est officiellement en librairie depuis hier! Mon sportif qui découvrira que le sport n'est pas tout dans la vie est un contraste avec Mathias, qui découvrait au contraire que le sport peut aider à l'équilibre! 


Après les critiques publiées sur des blogues dernièrement, on retrouve une nouvelle critique vidéo de Mathias, juste ici, à partir de 5:35. 

lundi 18 septembre 2017

Pourquoi j'écris? (2) : Le hockey et la science-fiction



Il y a des romans que nous marquent et qui deviennent des motivations à écrire.

Quand j'étais enfant, je regardais le hockey à la télé. Je n'aimais pas beaucoup jouer, je préférais demeurer à la maison pour regarder les dessins animés.

Mais mon père et moi, avec mon frère, un peu plus tard, on regardait souvent les matchs du Canadien. J'écoutais aussi les parties à la radio quand je n'arrivais pas à dormir. Et quand mon père était là les soirs de semaine, il écoutait aussi "Les amateurs de sport" à CKAC, pour entendre les gens chialer et jouer au gérants d'estrade.

Je me rappelle d'un moment où  j'avais demandé à mon parrain pourquoi lui, il n'écoutait pas le hockey. Il m'a répondu que ce n'était pas important.  À cette époque, je connaissais les joueurs du CH, leurs numéros, je suivais les échanges... et je ne comprenais pas qu'on puisse ne pas s'y intéresser.

Comme tout garçon de mon âge, j'aimais aussi beaucoup Star Wars (qu'on appelait la Guerre des Étoiles). C'était ma référence en science-fiction: de l'aventure, des créatures bizarres, des planètes étranges...

J'ai découvert Denis Côté un peu comme ça. Je suis tombé sur "L'Idole des Inactifs"  et en lisant le résumé, j'y ai découvert qu'on pouvait avoir des histoires qui regroupaient 2 éléments que j'aimais beaucoup : la science-fiction et le hockey.

J'ai compris qu'on pouvait raconter toutes sortes d'histoire quand on est écrivain. Il n'y a personne qui décide, personne qui contrôle.

Écrire, c'est être Dieu.

Je pouvais transposer cette idée du "hockey dans le futur avec des robots" et m'en inspirer, en transposer les idées dans d'autres contextes, d'autres lieux et d'autres époques. Je me souviens de ce sentiment qui m'a frappé, de l'idée que l'écriture permettait de faire des ponts entre des univers différents, entre des concepts qui à première vue (dans ma conception d'enfant) ne sont aucunement compatibles.

Pourquoi j'en parle en ce moment?

En faisait du rangement dans ma bibliothèque, je suis retombé sur ma série des Inactifs. J'ai l'édition Jeunesse-Pop du premier volume , Hockeyeurs cybernétiques, que je me souviens d'avoir lu en dernier, parce qu'il n'était pas dans la collection des Inactifs. J'ai la première édition Courte Échelle des romans des Inactifs. Je m'en rappelle: un jour, je suis tombé sur le roman "L'arrivée des Inactifs" et je trouvais ça vraiment intrigant que le quatrième livre de la collection soit un roman se déroulant avant les trois autres. Je ne savais pas que le roman avait déjà été publié.

J'ai aussi apprécié, en grandissant, comprendre certaines références que Côté avait utilisé. Quand j'avais 9-10 ans, les Raiders de Lost Ark, ça ne m'évoquait rien de particulier. Quand j'ai compris que Côté rendait hommage à Indiana Jones, j'ai été soufflé.

Quand, en bouquinant, je suis retombé sur les romans de cette série arborant de nouvelles couvertures, j'ai été content de voir que ces romans survivaient au temps qui passe.

Ils ont aussi été regroupés en édition intégrale.

Pourquoi est-ce qu'en rangeant ma bibliothèque je me suis accroché à ces romans?

Parce que je publie Lucas, bientôt, un roman sur le hockey, et parce qu'en ce moment, je termine la réécriture d'un roman de science-fiction qui paraîtra cet hiver.

Parce que Côté, en voyant ses romans réédités plusieurs fois (je vous parle des Inactifs, mais ce ne sont pas les seuls romans de l'auteur à avoir eu plusieurs vies), atteint une possibilité que je trouve incroyable: il peut marquer des lecteurs de différentes générations.

Parce qu'il écrit encore et publie de temps en temps des nouveaux romans.

Parce que j'espère que mes romans aient ce genre de vie.

Pourquoi j'écris?

Peut-être pour me donner l'impression de contrôler un peu le monde qui m'entoure et qui trop souvent m'échappe.

Peut-être aussi parce que ça me sert un peu de thérapie.